Santé mentale et trouble mental : les différences et ce que l'hypnose peut faire
- Anthony Deneux

- 26 juin
- 3 min de lecture

Beaucoup de gens utilisent ces deux expressions comme si elles voulaient dire la même chose. "Je ne vais pas bien mentalement" peut désigner une période difficile après un licenciement, ou une dépression sévère qui dure depuis des mois. Ce n'est pas du tout la même réalité, et la confusion entre les deux peut mener à des décisions inadaptées, y compris sur le recours à l'hypnose.
Alors posons les choses clairement.
Santé mentale et trouble mental : deux réalités très différentes
La santé mentale, c'est un état. Comme la santé physique, elle fluctue. On peut traverser une période d'anxiété liée à un changement de vie, se sentir épuisé émotionnellement après un deuil, perdre confiance en soi après un échec. Ces états sont inconfortables, parfois très douloureux, mais ils ne constituent pas un trouble mental au sens clinique du terme.
Un trouble mental, lui, est une pathologie identifiée. Il répond à des critères précis, établis par des classifications internationales comme le DSM-5 ou la CIM-11. Il implique une altération durable du fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental. La dépression caractérisée, le trouble bipolaire, la schizophrénie, le trouble obsessionnel compulsif ou les troubles de la personnalité en font partie.
La frontière entre les deux n'est pas toujours nette, et c'est précisément pour cela que le diagnostic appartient au médecin, au psychiatre ou au psychologue clinicien. Pas à l'hypnothérapeute.
Ce que dit la science sur l'hypnose et la santé mentale
Quand on parle de santé mentale au sens large, les données scientifiques sur l'hypnose sont encourageantes. Le Dr David Spiegel, professeur de psychiatrie à l'Université Stanford, mène depuis plusieurs décennies des recherches sur les effets neurologiques de l'hypnose. Ses travaux montrent que l'état hypnotique modifie l'activité de plusieurs régions cérébrales, notamment le cortex cingulaire antérieur, impliqué dans la gestion de l'attention et des émotions.
L'INSERM a également reconnu l'hypnose comme une pratique d'intérêt dans la prise en charge de la douleur, du stress et de certains troubles anxieux, dans le cadre d'un rapport publié en 2015 sur les pratiques complémentaires.
Pour les personnes qui traversent une période difficile sans pathologie avérée, l'hypnose peut aider à défaire des schémas de pensée répétitifs, à réduire l'intensité des réactions émotionnelles, à restaurer une forme de calme intérieur que le mental agité ne laisse plus percevoir. Je le constate régulièrement au cabinet, avec des personnes qui venaient sans savoir exactement ce qu'elles cherchaient, sinon aller mieux.
Quand l'hypnose a des limites réelles
L'hypnose ne convient pas à toutes les situations, et il serait irresponsable de ne pas le dire clairement.
La schizophrénie en est l'exemple le plus documenté. Cette pathologie implique déjà un état dissociatif : la personne a du mal à distinguer ses perceptions internes de la réalité extérieure. L'hypnose, qui induit volontairement un état de dissociation partielle et contrôlée, peut aggraver cette confusion. Les praticiens formés sérieusement ne pratiquent pas l'hypnose sur des personnes schizophrènes.
Le trouble bipolaire en phase maniaque représente une autre contre-indication. L'état d'activation intense qui caractérise cet épisode rend l'induction hypnotique non seulement difficile, mais potentiellement déstabilisante.
De même, certains troubles dissociatifs sévères, comme le trouble dissociatif de l'identité, nécessitent une prise en charge psychiatrique et psychothérapeutique spécialisée. L'hypnose peut dans ce contexte faire partie d'un protocole thérapeutique encadré par un professionnel de santé mentale, mais elle ne s'improvise pas.
Pour les états dépressifs sévères, l'hypnose seule ne suffit pas. Elle peut accompagner un traitement médical ou une psychothérapie, jamais les remplacer.
Ce que l'hypnose peut apporter, concrètement
Pour les personnes dont la souffrance n'est pas liée à un trouble mental avéré, l'hypnose ouvre un espace que les approches purement cognitives n'atteignent pas toujours aussi directement. Elle permet d'accéder à des représentations, des ressentis, des automatismes qui se sont installés souvent à une époque où l'on n'avait pas les ressources pour faire autrement.
Ce n'est pas de la magie. C'est une façon de travailler avec le fonctionnement naturel du cerveau, en utilisant l'état de conscience modifiée que tout être humain connaît spontanément, par exemple juste avant de s'endormir.
La séance se passe dans un dialogue. Je guide, mais c'est vous qui faites le travail. Et souvent, ce que les personnes trouvent dans cet espace les surprend elles-mêmes.
Avant de venir, une étape s'impose
Si vous traversez quelque chose d'intense et que vous ne savez pas exactement à quoi vous avez affaire, consultez d'abord un médecin. Ce n'est pas une précaution de façade. C'est la condition pour que tout accompagnement, quel qu'il soit, soit adapté à ce que vous vivez réellement.
L'hypnose peut être une ressource précieuse. Pour qu'elle le soit vraiment, elle doit être posée au bon endroit.
Si vous souhaitez savoir si votre situation peut bénéficier d'un accompagnement en hypnose, je suis disponible au cabinet à Vertou ou en séance à distance.



