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Émotions : pourquoi les accueillir plutôt que les combattre

Femme de profil, yeux fermés, main sur le cœur, entourée de rubans bleus, orange et gris  qui symbolise les émotions dans une lumière douce.

Une personne qui vient me consulter me dit souvent la même chose au début. Elle voudrait que je lui enlève le stress, la peur, la colère ou l'angoisse qui la bloque dans certaines situations, une prise de parole, un conflit, un rendez-vous important. D'autres évoquent plutôt une tristesse qui traîne, ou un sentiment de honte et de culpabilité qui revient sans qu'elles arrivent à l'expliquer. Comme si l'émotion, quelle qu'elle soit, était un défaut de fabrication à réparer.


Sauf que l'émotion n'est pas le problème. C'est souvent son intensité, ou le moment où elle se déclenche, qui pose difficulté. Comprendre ça change beaucoup de choses dans la façon d'aborder son stress, sa peur ou son anxiété.


À quoi servent vraiment nos émotions


Le neuroscientifique Antonio Damasio a montré, à travers ses travaux sur la prise de décision, que les émotions ne parasitent pas notre raisonnement. Elles le guident. Une personne qui a perdu la capacité à ressentir des émotions à la suite d'une lésion cérébrale ne devient pas plus rationnelle. Elle devient incapable de choisir, même pour des décisions simples.


La peur, de son côté, a une fonction très concrète. Les recherches de Joseph LeDoux sur l'amygdale ont permis de comprendre comment le cerveau déclenche une réponse de protection en quelques millisecondes, bien avant que la partie consciente du cerveau ait eu le temps d'analyser la situation. C'est ce mécanisme qui nous a permis de survivre face à un danger réel pendant des millénaires.


Le stress, lui, mobilise l'organisme pour faire face à une situation exigeante. À dose ponctuelle, il aide à se concentrer, à réagir vite, à performer. Le problème commence quand ce mécanisme reste activé alors qu'il n'y a plus de danger réel.


Des émotions qui pilotent nos comportements sans qu'on le remarque


Ce qu'on mesure moins souvent, c'est à quel point une émotion mal réglée influence nos comportements bien au-delà du moment où elle se déclenche. Elle colore la façon dont on réagit à une remarque, dont on prend une décision, dont on se comporte avec les autres.


Une personne submergée par l'anxiété au travail peut se mettre à tout contrôler, relire dix fois un mail avant de l'envoyer, ou au contraire éviter certaines tâches par peur de mal faire. Une autre, portée par une colère qu'elle n'a pas identifiée à temps, peut réagir de façon disproportionnée à un désaccord mineur avec un collègue ou un proche, puis regretter sa réaction sans bien comprendre ce qui l'a déclenchée.


Les relations sont particulièrement touchées par ces mécanismes. La psychologue Sue Johnson, connue pour ses travaux sur l'attachement dans le couple, a montré que la plupart des conflits conjugaux ne portent pas sur le sujet apparent de la dispute, mais sur des émotions de fond mal exprimées, comme la peur d'être abandonné ou le besoin de se sentir compté. Deux personnes peuvent se disputer sur qui devait sortir les poubelles alors que ce qui se joue réellement, c'est un besoin de reconnaissance non satisfait.


C'est aussi ce qu'on observe chez les personnes qui ont du mal à poser des limites avec leur entourage. Souvent, une peur ancienne du conflit ou du rejet les pousse à dire oui alors qu'elles pensent non, jusqu'à l'épuisement relationnel. L'émotion, ici encore, n'est pas fautive. Elle signale un besoin réel de sécurité affective. Mais quand elle prend toute la place dans la décision, elle empêche la personne d'agir selon ce qui lui conviendrait vraiment.


La honte et la culpabilité jouent un rôle similaire, souvent en silence. Une personne qui se sent honteuse de sa situation professionnelle peut éviter les retrouvailles avec d'anciens amis, ou minimiser ses réussites par peur du jugement. Une autre, rongée par la culpabilité après une séparation ou un conflit familial, peut se surinvestir dans les autres au point de s'oublier elle-même.


C'est pour cette raison qu'on parle aujourd'hui d'accompagnement émotionnel, une approche qui ne vise pas à analyser indéfiniment l'origine d'une émotion, mais à aider la personne à mieux la reconnaître, à la comprendre, et à agir avec elle plutôt que contre elle ou sous son emprise.


Le piège du rejet émotionnel


La première réaction, souvent, est de vouloir faire taire l'émotion. La retenir, la cacher, l'ignorer. Le psychologue James Gross, à Stanford, a beaucoup travaillé sur la régulation émotionnelle et ses recherches montrent que la suppression volontaire d'une émotion ne la fait pas disparaître. Elle augmente au contraire l'activation physiologique qui l'accompagne, le cœur qui bat plus vite, la tension qui monte.


Il y a aussi un mécanisme bien documenté dans les phobies. Éviter la situation qui déclenche la peur soulage sur l'instant, mais renforce la peur pour la fois suivante. Le cerveau apprend que la fuite était nécessaire, donc que le danger était réel.


Rejeter une émotion revient à ignorer un signal d'alarme sans en comprendre l'origine. Elle continue de sonner, souvent plus fort, et finit par s'inviter dans des domaines de la vie qui n'ont rien à voir avec elle au départ.


Le rôle de l'hypnose : remettre les curseurs au bon niveau


L'hypnose ne cherche pas à supprimer une émotion. Elle travaille sur le réglage, sur l'intensité de la réponse et sur le moment où elle se déclenche. L'idée est de garder la fonction protectrice de l'émotion tout en désactivant l'alarme quand elle n'a plus de raison de sonner.


Le chercheur David Spiegel, à l'université de Stanford, a mené des études en imagerie cérébrale montrant que l'état hypnotique modifie l'activité de zones du cerveau impliquées dans la conscience de soi et le traitement des signaux corporels. Ces travaux apportent un appui concret à ce que beaucoup de personnes ressentent en séance, un accès différent à leurs sensations et à leurs réactions automatiques.


En pratique, cela veut dire accueillir la peur, le stress, la colère ou la tristesse plutôt que de lutter contre elles, et permettre à l'inconscient de retrouver une réponse ajustée à la situation présente, et non à un danger passé ou imaginé. Ce travail se ressent aussi dans les relations, quand une personne retrouve la capacité de réagir avec plus de justesse face à ce qui la touche.


Une séance construite sur mesure


Chaque accompagnement part de la situation précise de la personne. Il n'y a pas de protocole figé ni de nombre de séances déterminé à l'avance. Le travail s'adapte à ce qui se présente, à ce que le corps et l'inconscient ont besoin d'ajuster.


Les émotions ne sont pas des ennemies à faire taire, qu'il s'agisse de la peur, de la colère, de la tristesse ou d'un sentiment plus discret comme la honte ou la culpabilité. Elles portent une information précieuse, à condition de les accueillir avec le bon réglage. C'est tout le sens de l'accompagnement émotionnel que je propose au cabinet à Vertou, ou à distance pour les personnes qui préfèrent consulter depuis chez elles.


Si vous ressentez le besoin de mettre les curseurs au bon niveau vous pouvez prendre rendez-vous pour une séance d'hypnose en cliquant ici

 
 
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